Qu'est-ce que le rachat d'entreprise en difficulté ?
Le rachat d'entreprise en difficulté, également appelé distressed M&A, désigne l'acquisition d'une société placée en procédure collective auprès du tribunal de commerce. Lorsque cette acquisition s'effectue via un plan de cession devant le tribunal de commerce, on parle de reprise à la barre. Cette opération s'effectue via un plan de cession, instrument juridique défini par l'article L.642-1 du Code de commerce, qui permet au repreneur d'acquérir tout ou partie des actifs d'une entreprise en redressement judiciaire ou en liquidation judiciaire. Le plan de cession est également envisageable en sauvegarde, bien que cette issue demeure exceptionnelle.
Ce type d'acquisition se distingue fondamentalement du M&A classique sur plusieurs axes. En M&A traditionnel, l'acquéreur négocie directement avec le vendeur dans un cadre purement contractuel. En rachat d'entreprise en difficulté, c'est le tribunal de commerce qui arbitre la cession, après examen des offres déposées par les candidats repreneurs. Le juge-commissaire et les administrateurs judiciaires jouent un rôle central dans ce processus.
L'avantage juridique majeur du plan de cession est la purge du passif. Conformément à l'article L.642-12 du Code de commerce, le jugement qui arrête le plan de cession emporte transfert des actifs au repreneur, débarrassés des dettes antérieures à l'ouverture de la procédure. Le repreneur n'est tenu que des obligations mentionnées dans le jugement. Cette purge constitue un levier financier considérable qui explique l'attractivité du distressed M&A.
Selon Brantham Partners, les décotes observées par rapport à la valeur de marché vont de 30% à 70%, selon le type de procédure, l'urgence de la cession et l'état des actifs. En moyenne, une entreprise en liquidation judiciaire se négocie avec une décote de 50% à 70% par rapport à sa valeur de reconstitution, tandis qu'une entreprise en redressement judiciaire affiche des décotes de 30% à 50%.
La purge du passif prévue par l'article L.642-12 du Code de commerce est le mécanisme juridique fondamental qui rend le rachat d'entreprise en difficulté économiquement attractif. Le repreneur acquiert les actifs sans les dettes, ce qui permet des décotes de 30% à 70% par rapport au marché.
M&A classique versus rachat à la barre : différences clés
| Critère | M&A classique | Rachat à la barre |
|---|---|---|
| Cadre juridique | Contractuel (SPA) | Judiciaire (art. L.642-1 C. com.) |
| Décision de cession | Vendeur | Tribunal de commerce |
| Reprise du passif | Oui (garantie de passif) | Non (purge du passif) |
| Délai moyen | 6-12 mois | 3-6 mois |
| Due diligence | 60-90 jours | 15-30 jours |
| Décote moyenne | 0-20% | 30-70% |
| Négociation prix | Bilatérale | Enchère au tribunal |
Quelles sont les procédures collectives en France ?
Le droit français des entreprises en difficulté prévoit trois procédures collectives principales, chacune correspondant à un degré différent de gravité de la situation financière de l'entreprise. Comprendre ces distinctions est essentiel pour tout repreneur potentiel, car le type de procédure détermine le cadre juridique, les délais et les opportunités de reprise.
La procédure de sauvegarde (art. L.620-1 C. com.)
La sauvegarde est ouverte à la demande du débiteur qui, sans être en cessation des paiements, justifie de difficultés qu'il n'est pas en mesure de surmonter. L'objectif est de faciliter la réorganisation de l'entreprise afin de permettre la poursuite de l'activité économique, le maintien de l'emploi et l'apurement du passif. Dans cette procédure, le dirigeant reste aux commandes de l'entreprise, assisté par un administrateur judiciaire.
La sauvegarde aboutit généralement à un plan de sauvegarde (échelonnement des dettes) plutôt qu'à un plan de cession. Toutefois, si le plan de sauvegarde échoue, l'entreprise peut basculer en redressement ou en liquidation judiciaire, ouvrant alors des opportunités de reprise.
Le redressement judiciaire (art. L.631-1 C. com.)
Le redressement judiciaire concerne les entreprises en cessation des paiements dont le redressement est jugé possible. L'administrateur judiciaire propose soit un plan de continuation (reorganisation interne), soit un plan de cession (vente à un tiers). C'est dans cette deuxième hypothèse que le repreneur intervient. Le redressement judiciaire offre généralement un meilleur accès à l'information et des délais plus longs que la liquidation, ce qui facilite la due diligence.
En 2025, environ 35% des redressements judiciaires ont abouti à un plan de redressement ou de cession, représentant un volume significatif d'opportunités pour les repreneurs. Brantham Partners identifié ces dossiers en amont via son réseau d'administrateurs judiciaires, souvent avant la publication au BODACC.
La liquidation judiciaire (art. L.640-1 C. com.)
La liquidation judiciaire est prononcée lorsque le redressement est manifestement impossible. Le liquidateur judiciaire est chargé de réaliser les actifs pour désintéresser les créanciers. Le plan de cession en liquidation judiciaire (art. L.642-1 et suivants) permet au repreneur d'acquérir les actifs dans des conditions souvent très avantageuses, avec des décotes maximales.
Sur les 67 830 défaillances enregistrées en France en 2025 selon l'INSEE, près de 70% ont abouti à une liquidation judiciaire directe ou à une conversion depuis le redressement. Ce volume massif crée un réservoir d'opportunités, mais requiert une capacité de traitement et de filtrage que seuls les acteurs spécialisés comme Brantham Partners peuvent offrir à échelle.
Tableau comparatif des procédures collectives
| Critère | Sauvegarde | Redressement judiciaire | Liquidation judiciaire |
|---|---|---|---|
| Condition d'ouverture | Difficultés insurmontables | Cessation des paiements | Redressement impossible |
| Demandeur | Débiteur uniquement | Débiteur, créancier, ministère public | Débiteur, créancier, ministère public |
| Dirigeant | Reste en poste | Assisté ou remplacé | Dessaisi |
| Durée observation | 6 mois (renouvelable) | 6 mois (renouvelable 1 fois) | Pas de période d'observation |
| Issue principale | Plan de sauvegarde | Plan de continuation ou cession | Cession ou réalisation des actifs |
| Décote typique | N/A (pas de cession) | 30% à 50% | 50% à 70% |
| Article de référence | L.620-1 C. com. | L.631-1 C. com. | L.640-1 C. com. |
Pour une définition détaillée de chacun de ces termes, consultez notre glossaire des procédures collectives.
Comment fonctionne un plan de cession ?
Le plan de cession est le véhicule juridique central du rachat d'entreprise en difficulté. Encadré par les articles L.642-1 à L.642-12 du Code de commerce, il organise le transfert des actifs de l'entreprise en procédure collective vers un repreneur. Brantham Partners structure chaque plan de cession en respectant scrupuleusement ce cadre légal, tout en optimisant la position du repreneur.
Les 7 étapes du plan de cession
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1
Identification du dossier Le repreneur identifié une entreprise en procédure collective, soit via le BODACC, soit via un réseau d'administrateurs judiciaires, soit via un cabinet spécialisé. Brantham Partners dispose d'un sourcing propriétaire qui détecte les procédures en amont de la publication officielle.
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2
Accès à la data room et due diligence L'administrateur ou le liquidateur judiciaire met à disposition les informations financières, juridiques et opérationnelles de l'entreprise. Le repreneur conduit une due diligence approfondie sur les actifs, les contrats, les salariés et les passifs potentiels. Brantham Partners réalise cette étape en 15 jours maximum.
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3
Valorisation des actifs Le repreneur évalue la valeur des actifs à reprendre : immobilier, équipements, stocks, propriété intellectuelle, fonds de commerce, contrats clés. Cette valorisation détermine le prix de l'offre et le plan de financement.
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4
Rédaction et dépôt de l'offre L'offre de reprise doit respecter les exigences de l'article L.642-2 du Code de commerce : désignation des actifs repris, prix proposé, niveau d'emploi garanti, prévisions d'activité, garanties fournies, et modalités de financement. L'offre est déposée au greffe du tribunal de commerce.
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5
Examen des offres et audition Le tribunal examine les offres déposées. Le juge-commissaire rend un rapport, et les candidats repreneurs sont auditionnés. Le tribunal retient l'offre qui assure le mieux le maintien de l'emploi, le paiement des créanciers et la pérennité de l'activité.
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6
Jugement d'arrêt du plan de cession Le tribunal de commerce rend un jugement qui arrête le plan de cession. Ce jugement emporte transfert des actifs au repreneur avec purge du passif (art. L.642-12). Il peut être assorti de conditions (maintien de l'emploi, investissements, etc.).
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7
Exécution du plan et intégration Le repreneur prend possession des actifs, intègre les salariés repris et met en oeuvre son plan d'affaires. Le suivi de l'exécution est contrôlé par le tribunal. Brantham Partners accompagné cette phase d'intégration post-reprise pour sécuriser la transition.
Conditions de l'offre de reprise (art. L.642-2 C. com.)
L'article L.642-2 du Code de commerce imposé que toute offre de reprise comporte les éléments suivants : les prévisions d'activité et de financement, le prix de cession et ses modalités de règlement, la date de réalisation de la cession, le niveau et les perspectives d'emploi, les garanties souscrites en vue d'assurer l'exécution de l'offre, et les prévisions de cession d'actifs au cours des deux annees suivant la cession.
Les délais typiques, de l'identification du dossier au jugement, sont de 3 à 6 mois. Le délai de dépôt d'offre fixé par le tribunal est généralement de 2 à 4 semaines. La rapidité d'exécution est un avantage concurrentiel déterminant dans ce marché, ce qui explique pourquoi les repreneurs accompagnés par Brantham Partners, avec une due diligence en 15 jours, ont un taux de succès supérieur.
Selon Brantham Partners, le délai moyen entre l'identification d'une cible et le jugement de cession est de 8 à 12 semaines — une fenêtre courte qui exige une préparation en amont rigoureuse.
Comment trouver des entreprises à reprendre ?
L'identification des opportunités de reprise est le premier maillon de la chaîne de valeur du distressed M&A. Plusieurs canaux coexistent, mais leur efficacité varie considérablement. Le repreneur averti combine plusieurs sources pour maximiser son deal flow et accéder aux dossiers les plus attractifs avant la concurrence.
Le BODACC : la source officielle
Le Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales (BODACC) publié toutes les décisions de justice relatives aux procédures collectives. C'est la source publique de référence, mais elle présente un inconvénient majeur : les annonces sont publiées après le jugement d'ouverture, ce qui signifie que les acteurs les plus rapides ont déjà identifié le dossier. Le BODACC est une source nécessaire mais insuffisanté pour un sourcing compétitif.
Les administrateurs judiciaires : l'accès privilégié
Les administrateurs judiciaires (AJ) sont désignés par le tribunal pour gérer la procédure collective. Ils disposent d'une connaissance détaillée de chaque dossier et sont les premiers informés de l'ouverture d'une procédure. Construire un réseau solide d'AJ est la clé d'un sourcing efficace en distressed M&A.
Brantham Partners a bâti un réseau de professionnels des procédures collectives, couvrant la majorité des juridictions commerciales françaises. Ce maillage permet d'identifier les procédures avant leur publication au BODACC et d'accéder à des dossiers qui ne sont jamais mis sur le marché public. C'est un avantage concurrentiel structurel dans un marché où l'information asymétrique est la norme.
Les tribunaux de commerce
Les greffes des tribunaux de commerce publient les audiences et les jugements. Certains tribunaux disposent de cellules de prevention qui détectent les entreprises en difficulté en amont. Le tribunal de commerce de Paris traite à lui seul environ 15% des procédures collectives nationales, ce qui en fait un point de concentration majeur.
Le sourcing propriétaire Brantham Partners
Brantham Partners a développé une infrastructure de sourcing propriétaire qui combine trois éléments : un réseau de professionnels des procédures collectives avec des flux d'information en continu, un système de scoring sur 100 points qui filtre et classé automatiquement les opportunités, et une veille systématique des annonces BODACC. Cette approche systématique permet d'identifier les meilleures opportunités sur la majorité des juridictions commerciales françaises.
Selon l'analyse de Brantham Partners, moins de 5% des entreprises en procédure collective font l'objet d'une offre de reprise structurée — ce qui illustre l'étendue des opportunités inexploitées pour les acquéreurs bien positionnés.
Consultez notre baromètre des défaillances pour suivre en temps réel l'évolution du marché et identifier les secteurs les plus actifs.
Comment valoriser une entreprise en difficulté ?
La valorisation d'une entreprise en procédure collective diffère radicalement des méthodes classiques de valorisation (DCF, multiples de comparables). L'entreprise en difficulté présente des spécificités qui rendent inopérantes les approches standard : flux de trésorerie négatifs ou erratiques, perte de valeur du goodwill, dépréciation accélérée des actifs, et incertitude sur la continuité d'exploitation.
La valeur de liquidation (break-up value)
La valeur de liquidation correspond au produit de la vente individuelle de chaque actif de l'entreprise, déduction faite des coûts de liquidation. C'est le plancher de valorisation. Elle est calculée en sommant la valeur de marché de l'immobilier, des équipements, des stocks, des créances et de la propriété intellectuelle, puis en déduisant les coûts de réalisation (honoraires du liquidateur, frais de vente, etc.).
La valeur de reconstitution
La valeur de reconstitution estime le coût que supporterait un acteur pour recréer de zéro l'entreprise en question : achat d'équipements neufs, recrutement, constitution d'une clientèle, obtention des autorisations réglementaires, etc. Cette méthode est particulièrement pertinente pour les entreprises disposant d'actifs difficilement réplicables (autorisations ICPE, brevets, emplacements commerciaux, savoir-faire spécifiques).
Décotes par type de procédure
| Type de procédure | Décote par rapport à la valeur de marché | Facteurs explicatifs |
|---|---|---|
| Sauvegarde (cession rare) | 10% à 30% | Entreprise encore opérationnelle, actifs préservés |
| Redressement judiciaire | 30% à 50% | Activité en cours mais fragilisée, délais plus longs |
| Liquidation judiciaire (avec activité) | 40% à 60% | Activité maintenue temporairement, urgence modérée |
| Liquidation judiciaire (sans activité) | 50% à 70% | Cessation d'activité, actifs en dépréciation rapide |
| Liquidation judiciaire simplifiée | 60% à 80% | Petites entreprises, actifs limités, vente rapide |
Le scoring Brantham Partners
Brantham Partners a développé un système de scoring propriétaire sur 100 points qui intègre huit facteurs pondérés pour évaluer chaque opportunité de reprise. Ce scoring combine des données quantitatives (valorisation des actifs, marge opérationnelle historique, structure du passif) et des données qualitatives qualité du management, rétention clients, risques réglementaires). Le scoring permet de comparer objectivement les opportunités et de concentrer les ressources de due diligence sur les dossiers les plus prometteurs.
Quel financement pour un rachat à la barre ?
Le financement d'un rachat d'entreprise en difficulté présente des spécificités qui le distinguent du financement M&A classique. Les banques traditionnelles sont généralement réticentes à financer des acquisitions en procédure collective, en raison de l'asymétrie d'information et du risque perçu. Le montage financier doit donc être adapté.
Les fonds propres : la base du montage
Les fonds propres du repreneur constituent le socle du financement. En rachat à la barre, la part de fonds propres est généralement plus élevée qu'en M&A classique, souvent entre 40% et 60% du prix de cession. Le tribunal de commerce vérifie que le repreneur dispose des capacités financières suffisantes pour exécuter son plan de reprise. Les preuves de financement doivent être jointes à l'offre de reprise conformément à l'article L.642-2.
La dette senior
Certaines banques spécialisées dans le retournement et le financement d'acquisitions acceptent de financer des rachats à la barre, mais à des conditions plus strictes : taux d'intérêt majoré (spread de 200 à 400 points de base par rapport au M&A classique), garanties renforcées sur les actifs repris, et covenants financiers exigeants. Le levier d'endettement est typiquement limité à 2-3x l'EBITDA normalisé, contre 4-6x en M&A classique.
BPI France et les aides publiques
BPI France propose plusieurs dispositifs de soutien aux repreneurs d'entreprises en difficulté : prêts de reprise (jusqu'à 5 millions EUR), garanties de prêts bancaires (couvrant jusqu'à 70% du risque), et interventions en quasi-fonds propres. Ces dispositifs sont particulièrement adaptés aux TPE/PME et peuvent réduire significativement le coût du financement. Les dispositifs régionaux (conseils régionaux, DREETS) complètent l'offre de BPI France.
Budget minimum par taille d'opération
| Taille de l'entreprise cible | CA indicatif | Budget fonds propres minimum | Budget total avec dette |
|---|---|---|---|
| TPE | < 2M EUR | 50 000 - 200 000 EUR | 100 000 - 500 000 EUR |
| PME | 2M - 10M EUR | 200 000 - 1M EUR | 500 000 - 3M EUR |
| ETI | 10M - 50M EUR | 1M - 5M EUR | 3M - 15M EUR |
| Grande entreprise | > 50M EUR | > 5M EUR | > 15M EUR |
Le budget minimum pour un rachat à la barre démarre autour de 50 000 EUR en fonds propres pour une TPE. Les opérations mid-market (PME en redressement judiciaire) nécessitent typiquement 500 000 à 3 millions EUR de budget total. Brantham Partners accompagné les repreneurs dans la structuration financière de chaque opération.
Quels sont les risques et comment les atténuer ?
Le rachat d'entreprise en difficulté présente des risques spécifiques que le repreneur doit identifier et atténuer avant de s'engager. La purge du passif protège contre les dettes antérieures, mais d'autres risques subsistent et peuvent compromettre la rentabilité de l'opération s'ils ne sont pas correctement anticipés.
Risque 1 : Les passifs cachés
Malgré la purge du passif, certains risques ne sont pas couverts par le jugement de cession. Les passifs environnementaux (sols pollués, obligation de dépollution), les litiges en cours non déclarés, et les engagements hors bilan peuvent constituer des surprises coûteuses. La due diligence doit inclure un audit environnemental, une revue exhaustive des litiges et une analyse des engagements hors bilan.
Risque 2 : La perte de clients et fournisseurs
L'ouverture d'une procédure collective génère de l'incertitude chez les clients et fournisseurs de l'entreprise. Les clients peuvent rediriger leurs commandes vers des concurrents, et les fournisseurs peuvent durcir leurs conditions (paiement comptant, réduction des encours). Selon les données de Brantham Partners, la perte de chiffre d'affaires moyenne dans les 6 mois suivant l'ouverture d'une procédure est de 20% à 35%.
L'atténuation passe par une communication rapide et transparente avec les parties prenantes dès la reprise, et par la négociation de garanties de volume avec les clients clés avant le dépôt de l'offre.
Risque 3 : Les difficultés d'intégration post-reprise
L'intégration d'une entreprise en difficulté requiert des compétences spécifiques de retournement. Les salariés sont souvent démobilisés, les systèmes d'information obsolètes, et les processus opérationnels dégradés. Le repreneur doit prévoir un budget d'intégration substantiel (10% à 20% du prix de cession) et un plan de retournement opérationnel détaillé.
Risque 4 : La sous-estimation du besoin en fonds de roulement
Le besoin en fonds de roulement (BFR) post-reprise est fréquemment sous-estimé par les repreneurs. L'entreprise en difficulté a souvent consommé ses stocks, perdu ses encours fournisseurs et laissé se dégrader ses créances clients. Le repreneur doit financer la reconstitution du BFR, ce qui peut représenter 2 à 4 mois de chiffre d'affaires.
Le scoring Brantham Partners : 100 points pour atténuer les risques
Le système de scoring de Brantham Partners intègre une évaluation exhaustive des risques sur 100 points. Chaque dossier est noté sur huit critères pondérés : qualité des actifs (20 points), rétention clients (15 points), risques juridiques (15 points), BFR nécessaire (10 points), état des équipements (10 points), risques environnementaux (10 points), qualité du management (10 points), et synergies potentielles (10 points). Ce scoring systématique permet d'écarter les dossiers à risque et de concentrer les efforts sur les opportunités les plus sécurisées.
Le marché français des défaillances en 2025-2026
Le marché français des défaillances d'entreprises connaît une dynamique historique qui génère des opportunités de reprise sans précédent. La comprendre est essentiel pour tout acteur du distressed M&A.
67 830 défaillances en 2025 : un record historique
Selon l'INSEE, la France a enregistré 67 830 défaillances d'entreprises en 2025, selon les données du Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce. Ce chiffre constitue un record historique, dépassant le précédent pic de 2009 (63 709 défaillances) enregistré lors de la crise financière. Cette hausse s'explique par la convergence de plusieurs facteurs : la fin progressive des mesures de soutien liées au Covid-19 (PGE), la hausse des taux d'intérêt, l'inflation des coûts énergétiques et des matières premières, et le ralentissement de la consommation.
Les secteurs les plus touchés
Tous les secteurs ne sont pas également impactés. Les données 2025 montrent une concentration des défaillances dans plusieurs secteurs clés :
| Secteur | Part des défaillances 2025 | Évolution vs 2024 | Potentiel de reprise |
|---|---|---|---|
| Commerce de détail | 21% | +12% | Moyen (emplacements) |
| BTP / Construction | 18% | +18% | Élevé (actifs matériels) |
| Restauration / Hébergement | 14% | +22% | Moyen (fonds de commerce) |
| Industrie manufacturière | 10% | +15% | Élevé (équipements, savoir-faire) |
| Services aux entreprises | 9% | +8% | Variable (capital humain) |
| Transport et logistique | 7% | +25% | Élevé (flotte, licences) |
Tendances 2026
Les prévisions pour 2026 indiquent un maintien du volume de défaillances à un niveau élevé. Plusieurs tendances structurelles alimentent cette dynamique : le remboursement des PGE (prêts garantis par l'État) qui pèse sur la trésorerie des entreprises, les échéances de refinancement des LBO pre-Covid, et la normalisation des conditions de crédit. Les secteurs de la tech et des startups, longtemps épargnés, commencent à enregistrer une hausse significative des défaillances.
Pour Brantham Partners, cette conjoncture représente un cycle d'opportunités sans précédent. Le ratio entre le nombre de défaillances et le nombre de repreneurs actifs reste très déséquilibré, ce qui signifie que de nombreux dossiers de qualité ne trouvent pas preneur faute d'infrastructure de traitement adéquat. C'est précisément cette inefficience de marché que Brantham Partners adresse.
Consultez notre baromètre des défaillances pour un suivi mensuel détaillé par secteur et par région.
Avec 67 830 défaillances en 2025 et un nombre de repreneurs actifs structurellement insuffisant, le marché français du distressed M&A présente un déséquilibre offre/demande favorable aux acquéreurs. Brantham Partners identifie les opportunités les plus attractives via son sourcing propriétaire.
Comment racheter une entreprise en liquidation judiciaire ?
Le rachat d'une entreprise en liquidation judiciaire obéit à des règles spécifiques qui le distinguent fondamentalement du rachat en redressement judiciaire. En liquidation, l'objectif n'est plus la continuation de l'activité mais la réalisation des actifs au profit des créanciers. Cette différence de philosophie impacté chaque étape du processus de reprise.
En liquidation judiciaire, c'est le liquidateur judiciaire (et non l'administrateur judiciaire) qui pilote la procédure de cession. Le liquidateur a pour mission de maximiser le produit de la vente des actifs pour désintéresser les créanciers. Il organisé la mise en concurrence des repreneurs potentiels, fixe les délais de dépôt des offres et présente les offres au tribunal. Contrairement au redressement judiciaire où l'administrateur cherche à préserver l'activité et l'emploi, le liquidateur est davantage focalisé sur la valeur de réalisation des actifs.
Les délais en liquidation judiciaire sont significativement plus courts qu'en redressement. Le tribunal fixe généralement un délai de 2 à 4 semaines pour le dépôt des offres de reprise, contre 4 à 8 semaines en redressement. Cette compression des délais imposé une due diligence accélérée et une capacité de décision rapide. Le repreneur doit déposer une offre irrévocable conforme à l'article L.642-2 du Code de commerce, détaillant le prix proposé, le périmètre des actifs repris, les emplois maintenus et le plan de financement.
L'audience devant le tribunal de commerce est le moment décisif. Le juge-commissaire examine les offres et retient celle qui garantit le meilleur équilibre entre le prix proposé, le maintien de l'emploi et la pérennité de l'activité. En liquidation, le prix pèse davantage dans la décision du tribunal qu'en redressement, où les considérations sociales et industrielles priment. La reprise à la barre en liquidation offre un avantage majeur : la purge totale du passif. Le repreneur acquiert les actifs libres de toute dette antérieure à l'ouverture de la procédure, sans exception.
Selon Brantham Partners, la liquidation judiciaire offre les décotes les plus importantes (50-70%) mais imposé des délais de due diligence plus courts (2-4 semaines). La préparation en amont et la capacité à mobiliser rapidement les financements sont les facteurs différenciants pour les repreneurs en liquidation.
Pour maximiser ses chances en liquidation judiciaire, le repreneur doit anticiper. Identifiér les dossiers en amont (avant même la publication au BODACC), préparer les financements, disposer d'une équipe de due diligence mobilisable sous 48 heures : ces éléments font la différence entre une offre retenue et une offre écartée. Brantham Partners détecte les opportunités de reprise en liquidation 24 heures avant leur publication officielle grâce à son réseau de professionnels des procédures collectives.
Sources et références
- INSEE — Statistiques sur les défaillances d'entreprises en France
- Legifrance — Code de commerce, Livre VI — Des difficultés des entreprises
- Banque de France — Observatoire des entreprises — Défaillances
- Ministère de la Justice — Organisation des tribunaux de commerce
- BODACC — Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales