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Guide sectoriel — Énergie

Rachat d'entreprise dans l'énergie en liquidation : guide complet pour repreneurs

Le secteur Énergie représente un marché de 180 milliards EUR de CA annuel, avec 35 000 entreprises et 250 000 emplois. Avec un taux de défaillance de 2.2% et 770 procédures en 2024, ce guide détaille les opportunités de rachat d'entreprise en difficulté dans le secteur.

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Paul Roulleau
Dernière mise à jour : Mars 2026 25 min de lecture
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Rachat dans l'énergie en liquidation : un marché à fort potentiel

Le rachat d'entreprise dans l'énergie en liquidation constitue une opportunité majeure pour les repreneurs en 2026. Avec 770 défaillances en 2024 (+20% par rapport à 2023), l'énergie représente 1.2% du total national des procédures collectives.

Fondé sur les principes du Livre VI du Code de commerce, le cadre des procédures collectives permet au repreneur d'acquérir des actifs productifs dans des conditions financières significativement inférieures au marché. Pour l'énergie, ces mécanismes permettent d'acquérir des actifs opérationnels à des décotes de 40 à 60% par rapport à la valeur de marché.

Le secteur énergétique français est en pleine restructuration sous l'effet conjugué de la volatilité des prix (gaz, électricité), de la transition vers les énergies renouvelables et des faillites de fournisseurs alternatifs qui n'ont pas survecu aux crises tarifaires. En 2024, 770 entreprises du secteur ont fait l'objet de procédures collectives (+20%), avec une concentration sur les PME du solaire, de l'éolien et les fournisseurs d'énergie victimes de la volatilité. Les actifs énergétiques en difficulté — infrastructures de production, contrats de rachat long terme, autorisations d'exploiter — conservent une valeur élevée et attirent de nombreux repreneurs.

Grace au mécanisme de purge du passif (art. L.642-12 C. com.), le repreneur bénéficie d'un actif débarrassé de toute dette antérieure — un avantage décisif du distressed M&A français. Pour l'énergie, cette purge est particulièrement avantageuse car elle permet de reprendre les actifs productifs sans les dettes accumulées, souvent liées aux causes structurelles de défaillance du secteur.

Marché Énergie

180 milliards EUR de CA annuel | 35 000 entreprises | 250 000 emplois | Taux de défaillance : 2.2% | 770 procédures en 2024 (+20%)

Chiffres clés dans l'énergie

En France, l'énergie pese 180 milliards EUR de CA annuel et emploie 250 000 personnes dans 35 000 entreprises.

IndicateurValeur
Taille du marché180 milliards EUR de CA annuel
Nombre d'entreprises35 000
Emplois250 000
Taux de défaillance2.2%
Défaillances 2024770
Évolution+20%
Part des défaillances nationales1.2%

Dans ce contexte sectoriel, selon Brantham Partners, la valorisation d'actifs en procédure collective nécessite une approche spécifique qui intègre les décotes de liquidité et l'urgence opérationnelle.

CritèreLiquidation judiciaireRedressement judiciaire
ConditionRedressement impossibleRedressement possible
Sort du dirigeantDessaisi (liquidateur)En place (assisté)
Délai d'exécution3 à 6 semaines6 à 18 mois
Décote typique dans l'énergie45–65%25–45%
Purge du passifOui (L.642-12)Oui (L.642-12)
Continuité d'exploitationPartielle (3+3 mois)Oui (période observation)

Voir aussi : Rachat dans l'énergie en redressement judiciaire

Causes de défaillance spécifiques dans l'énergie

Les défaillances dans l'énergie s'expliquent par des facteurs structurels et conjoncturels spécifiques :

  • Volatilité des prix de l'énergie (gaz, électricité)
  • Transition énergétique imposant des investissements massifs
  • Faillites de fournisseurs alternatifs d'énergie
  • Complexite réglementaire croissanté (CRE, DREAL)
  • Difficulté d'accès au financement pour les projets ENR
  • Concurrence des grands groupes sur les ENR

Selon Brantham Partners, la négociation avec les mandataires de justice est un art qui requiert une connaissance approfondie des usages et des attentes de chaque juridiction. Ces facteurs créent un environnement ou les entreprises les moins bien préparées sont contraintes de se placer sous la protection du tribunal de commerce, ouvrant des opportunités de reprise pour les acquéreurs bien structurés.

Au niveau national, les défaillances ont atteint 65 800 en 2025 (+3.8%), dont 72% de TPE, 24% de PME et 4% d'ETI. Pour l'énergie, la proportion de PME est plus élevée que la moyenne, offrant des cibles plus structurées.

Valorisation et décotes dans l'énergie

La valorisation d'une entreprise dans l'énergie en difficulté repose sur des méthodes spécifiques au secteur, adaptées au contexte des procédures collectives.

La valorisation dans l'énergie se distingue par la méthodologie DCF (Discounted Cash Flow) appliquée aux contrats de rachat à tarif fixe sur 15 a 20 ans, qui constituent l'actif le plus valorisé. Les autorisations CRE/DREAL sont des actifs stratégiques non reproductibles dont le transfert conditionne la cession. Les infrastructures physiques (panneaux, éoliennes, turbines) conservent 50 à 70% de leur valeur. Les décotes restent parmi les plus faibles du marché distressed (40 à 60%) en raison de la forte demande de repreneurs.

Multiples de valorisation

6x à 10x normal, 2x à 5x distressed. Les multiples EBITDA en distressed M&A pour l'énergie reflètent la décote de liquidité et l'urgence de la cession.

Actifs clés a évaluer

  • Autorisations et concessions
  • Infrastructure de production (solaire, éolien)
  • Contrats d'achat (PPA)
  • Portefeuille clients
  • Brevets/technologies

Décote moyenne : 40 à 60%

Les actifs énergétiques en liquidation conservent une bonne valeur (infrastructures physiques). Les autorisations et concessions sont des actifs stratégiques. Les décotes sont plus faibles car la demande de repreneurs est forte dans l'énergie.

Selon Brantham Partners, chaque juridiction commerciale a ses spécificités en matière de procédures collectives, et la connaissance du terrain est un facteur clé de succès. Conformément a l'article L.642-12 du Code de commerce, la purge du passif garantit que le repreneur n'herite pas des dettes antérieures, ce qui justifie les décotes observées.

Due diligence sectorielle : l'énergie

La due diligence dans l'énergie couvre des aspects spécifiques que le repreneur doit maîtriser.

Normes et règlementations

  • CRE (Commission de Regulation de l'Énergie)
  • DREAL (autorisation exploitation)
  • ICPE (installations classées)
  • Code de l'énergie
  • Normes environnementales (étude d'impact)

Licences et certifications

  • Autorisation d'exploiter (CRE/DREAL)
  • Concession de distribution
  • Contrats de rachat (obligation d'achat)
  • Certificats verts/garanties d'origine

Points d'attention spécifiques

La DD énergie couvre les autorisations (CRE, DREAL), les contrats d'achat (tarif fixe, durée), l'état des infrastructures, les performances de production (capacity factor), les obligations environnementales et les baux fonciers. Les contrats de rachat à tarif fixe sont l'actif le plus valorisé.

Risques sectoriels

  • Perte d'autorisation d'exploiter
  • Performance de production inférieure aux prévisions
  • Contentieux environnementaux
  • Baux fonciers défavorables

Structurer l'offre de cession dans l'énergie

L'offre de reprise d'une entreprise dans l'énergie en plan de cession doit respecter le formalisme de l'article L.642-2 du Code de commerce tout en intégrant les spécificités sectorielles.

Structure type

L'offre de reprise porte sur la cession de société de projet (SPV) ou d'actifs énergétiques avec autorisations

Points clés de l'offre

L'offre doit securiser le transfert des autorisations, la continuité des contrats de rachat, le maintien du personnel technique et le plan d'investissement (maintenance, repowering). Le transfert d'autorisation CRE/DREAL est un préalable.

Financement d'un rachat dans l'énergie

A travers ses délégations territoriales, BPI France déploie des prêts reprise dédiés aux operations de distressed M&A, avec des taux préférentiels et des differees de remboursement adaptés au contexte de retournement.

Structure de financement type

Project financé (60-70%), fonds propres (20-30%), BPI France (10-15%). Les projets ENR bénéficient de financements project financé a taux préférentiels grace aux contrats de rachat long terme.

Le coût total d'un rachat en liquidation dans l'énergie intègre le prix de cession, les frais de due diligence, les coûts de mise en conformité et le BFR day-one.

Étude de cas anonymisee : rachat dans l'énergie en liquidation

Ce cas anonymise illustre une reprise réussie dans l'énergie, accompagnée par Brantham Partners.

Cas pratique — Énergie

Parc de 5 centrales solaires au sol (15 MW total)

IndicateurValeur
Chiffre d'affaires3 800 000 EUR
Effectif5 salariés
Prix de cession2 200 000 EUR
Décote42%
Budget total3 500 000 EUR
ROI à 24 mois65%

Facteur clé de succès : Les 5 contrats de rachat à tarif fixe (20 ans) garantissaient 2,8M EUR de revenus annuels. L'investissement dans le repowering (+30% de production) a significativement amélioré le rendement.

Brantham Partners et l'énergie

Brantham Partners accompagné les reprises d'actifs énergétiques avec une expertise croisée en évaluation d'infrastructure et en structuration de project financé. Notre connaissance des mécanismes de transfert d'autorisations (CRE, DREAL), notre réseau auprès des fonds d'infrastructure (Mirova, Meridiam) et notre capacité a évaluer les performances réelles de production (capacity factor) sécurisent des operations ou la technicité financière et réglementaire est déterminante.

Notre approche sectorielle dans l'énergie repose sur :

  • Sourcing propriétaire : L'expertise sectorielle de Brantham Partners permet un sourcing cible : nous connaissons les indicateurs avancés de difficulté propres a ce secteur et entretenons des relations directes avec les professionnels des procédures collectives concernés.
  • Due diligence accélérée : Brantham Partners déploie une méthodologie de due diligence calibrée pour le distressed M&A sectoriel : focus sur les indicateurs opérationnels critiques, les risques cachés et le potentiel de retournement à 24 mois.
  • Exécution en audience : Notre capacité d'exécution repose sur une expérience éprouvée dans ce secteur : connaissance des valorisations de référence, maîtrise des enjeux sociaux et techniques, et relations etabliés avec les mandataires concernés.

Vous cherchez à racheter une entreprise dans l'énergie en difficulté ? Contactez Brantham Partners pour un premier échange confidentiel sur votre projet de reprise.

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Questions fréquentes sur le rachat dans l'énergie en liquidation

Les prix varient énormément : de 100 000 a 500 000 EUR pour une petite installation solaire, de 500 000 a 5 millions pour un parc éolien, et de 1 a 20 millions pour un site de production thermique. La décote est de 40 à 60%. Les contrats de rachat à tarif fixe (15-20 ans) sont l'élément clé de la valorisation.
Les autorisations CRE/DREAL sont transferables sous conditions. Le nouveau exploitant doit démontrer sa capacité technique et financière. La procédure de transfert prend 3 à 6 mois. Le tribunal de commerce ne peut arrêter la cession sans l'accord des autorités de regulation.
Les risques sont la performance de production inférieure aux prévisions (intermittence ENR), les coûts de maintenance sous-estimés, les contentieux environnementaux, l'évolution réglementaire défavorable et les baux fonciers. Selon Brantham Partners, l'audit technique de l'infrastructure (capacity factor réel vs. prévu) est le point clé.
L'évaluation repose sur le DCF (Discounted Cash Flow) : revenus futurs (contrat de rachat x production estimée) moins coûts d'exploitation et de maintenance, actualisés au WACC. La décote dépend de l'age de l'installation, du capacity factor réel et de la durée résiduelle du contrat de rachat.
Les reprises énergétiques bénéficient du project financé (dette non recourse garantie par les cash flows) à des taux de 3-5%. BPI France offre des prêts transition énergétique. Les fonds d'infrastructure (Mirova, Meridiam, Predica) co-investissent. Les banques vertes (Triodos, Crédit Cooperatif) financent les projets ENR.
Selon Brantham Partners, l'énergie est un secteur où les actifs physiques et les contrats long terme protègent le repreneur. Notre expertise en évaluation d'actifs énergétiques, notre connaissance des mécanismes de project financé et notre réseau auprès des fonds d'infrastructure nous permettent d'accompagner les reprises les plus stratégiques.

Les autorisations ICPE (Installations Classées pour la Protection de l'Environnement) sont attachées au site, non à l'entreprise. Elles peuvent être transmises au repreneur, mais sous conditions : le repreneur doit notifier le préfet dans les 3 mois suivant la prise en possession (article L.512-16 du Code de l'environnement), puis se soumettre à une inspection pour vérification de conformité. Les autorisations de production d'électricité (pour les sites de production renouvelable ou cogénération) sont nominatives et nécessitent une demande de transfert auprès de la CRE ou du ministère.

Le rachat d'actifs énergétiques renouvelables en procédure collective présente des spécificités : les contrats d'obligation d'achat (OA) ou de complément de rémunération (CR) avec EDF-OA ne sont pas automatiquement transférables et nécessitent une démarche auprès de la CRE ; les certificats GOOS et RECs sont détachables ; les conventions de raccordement ENEDIS/RTE restent en vigueur mais doivent être transférées. La valeur de ces actifs dépend principalement de la durée résiduelle des contrats de rachat, à vérifier impérativement lors de la due diligence.

Dans le secteur de l'énergie, les autorisations administratives sont personnelles à l'entité juridique : licence de fournisseur d'électricité (CRE), autorisation d'exploiter une installation de production (décret ministériel), certificat de capacité biogaz. Elles ne se transfèrent pas automatiquement dans un plan de cession. Le repreneur doit déposer de nouvelles demandes auprès des autorités compétentes (CRE, DGEC, préfecture). La continuité de l'exploitation pendant l'instruction des nouvelles demandes est possible sous dérogation provisoire dans certains cas. Ce délai (3 à 18 mois selon la licence) est un risque majeur dans les reprises énergétiques. Brantham Partners intègre ce planning réglementaire dans la due diligence.

Les actifs EnR (parcs solaires, éoliens) ont une valeur basée sur les cash-flows futurs des contrats d'achat d'électricité (PPA, contrats S17-S21). Un parc solaire en service avec un contrat S17 sur 20 ans se valorise entre 8 et 12x l'EBITDA annuel selon l'état du matériel et les années restantes de contrat. En liquidation, le liquidateur mandate un expert pour évaluer ces actifs. La transmission des contrats S17 est possible mais doit être validée par le CRE, ce qui peut prendre 3 à 6 mois. Les projets en développement (sans contrat signé) ont une valeur spéculative basée sur leur avancement (permis, études, appels d'offres). Brantham Partners conseille sur la valorisation de ces actifs complexes.

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Sources et références