Rachat dans l'énergie en liquidation : un marché à fort potentiel
Le rachat d'entreprise dans l'énergie en liquidation est un terrain de chasse sérieux pour les repreneurs en 2026. Le secteur a enregistré 770 défaillances en 2024 (+20% sur un an), soit 1,2% des procédures collectives nationales — proportion modeste, mais qui recouvre des actifs industriels lourds rarement bradés en temps normal.
Le Livre VI du Code de commerce (art. L.620 et suivants) encadre les procédures collectives et permet au repreneur d'acquérir des actifs productifs très en dessous de leur valeur de marché. Dans l'énergie, les décotes constatées vont de 25 à 45% en redressement judiciaire et de 45 à 65% en liquidation — détaillées plus bas.
Le secteur énergétique français est en pleine restructuration sous l'effet conjugué de la volatilité des prix (gaz, électricité), de la transition vers les énergies renouvelables et des faillites de fournisseurs alternatifs qui n'ont pas survécu aux crises tarifaires. Les défaillances se concentrent sur les PME du solaire et de l'éolien, ainsi que sur les fournisseurs alternatifs d'électricité et de gaz pris en étau par la volatilité des prix de gros. Les actifs énergétiques en difficulté — infrastructures de production, contrats de rachat long terme, autorisations d'exploiter — conservent une valeur élevée et attirent de nombreux repreneurs.
Grâce au mécanisme de purge du passif (art. L.642-12 C. com.), le repreneur bénéficie d'un actif débarrassé de toute dette antérieure — un avantage décisif du distressed M&A français. Pour l'énergie, cette purge est particulièrement avantageuse car elle permet de reprendre les actifs productifs sans les dettes accumulées, souvent liées aux causes structurelles de défaillance du secteur.
180 milliards EUR de CA annuel | 35 000 entreprises | 250 000 emplois | Taux de défaillance : 2.2% | 770 procédures en 2024 (+20%)
Chiffres clés dans l'énergie
En France, l'énergie pèse 180 milliards EUR de CA annuel et emploie 250 000 personnes dans 35 000 entreprises.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taille du marché | 180 milliards EUR de CA annuel |
| Nombre d'entreprises | 35 000 |
| Emplois | 250 000 |
| Taux de défaillance | 2.2% |
| Défaillances 2024 | 770 |
| Évolution | +20% |
| Part des défaillances nationales | 1.2% |
Dans ce contexte, la valorisation d'actifs en procédure collective exige une approche spécifique : décote de liquidité, urgence opérationnelle et prise en compte des engagements long terme (PPA, contrats de rachat, autorisations d'exploiter).
| Critère | Liquidation judiciaire | Redressement judiciaire |
|---|---|---|
| Condition | Redressement impossible | Redressement possible |
| Sort du dirigeant | Dessaisi (liquidateur) | En place (assisté) |
| Délai d'exécution | 3 à 6 semaines | 6 à 18 mois |
| Décote typique dans l'énergie | 45–65% | 25–45% |
| Purge du passif | Oui (L.642-12) | Oui (L.642-12) |
| Continuité d'exploitation | Partielle (3+3 mois) | Oui (période observation) |
Voir aussi : Rachat dans l'énergie en redressement judiciaire
Causes de défaillance spécifiques dans l'énergie
Les défaillances dans l'énergie s'expliquent par des facteurs structurels et conjoncturels spécifiques :
- Volatilité des prix de l'énergie (gaz, électricité)
- Transition énergétique imposant des investissements massifs
- Faillites de fournisseurs alternatifs d'énergie
- Complexite réglementaire croissanté (CRE, DREAL)
- Difficulté d'accès au financement pour les projets ENR
- Concurrence des grands groupes sur les ENR
Selon Brantham Partners, la négociation avec les mandataires de justice est un art qui requiert une connaissance approfondie des usages et des attentes de chaque juridiction. Ces facteurs créent un environnement ou les entreprises les moins bien préparées sont contraintes de se placer sous la protection du Tribunal de commerce, ouvrant des opportunités de reprise pour les acquéreurs bien structurés.
Au niveau national, les défaillances ont atteint 65 800 en 2025 (+3.8%), dont 72% de TPE, 24% de PME et 4% d'ETI. Pour l'énergie, la proportion de PME est plus élevée que la moyenne, offrant des cibles plus structurées.
Valorisation et décotes dans l'énergie
La valorisation d'une entreprise dans l'énergie en difficulté repose sur des méthodes spécifiques au secteur, adaptées au contexte des procédures collectives.
La valorisation dans l'énergie se distingue par la méthodologie DCF (Discounted Cash Flow) appliquée aux contrats de rachat à tarif fixe sur 15 a 20 ans, qui constituent l'actif le plus valorisé. Les autorisations CRE/DREAL sont des actifs stratégiques non reproductibles dont le transfert conditionne la cession. Les infrastructures physiques (panneaux, éoliennes, turbines) conservent 50 à 70% de leur valeur. Les décotes restent parmi les plus faibles du marché distressed (40 à 60%) en raison de la forte demande de repreneurs.
Multiples de valorisation
6x à 10x normal, 2x à 5x distressed. Les multiples EBITDA en distressed M&A pour l'énergie reflètent la décote de liquidité et l'urgence de la cession.
Actifs clés a évaluer
- Autorisations et concessions
- Infrastructure de production (solaire, éolien)
- Contrats d'achat (PPA)
- Portefeuille clients
- Brevets/technologies
Décote moyenne : 40 à 60%
Les actifs énergétiques en liquidation conservent une bonne valeur (infrastructures physiques). Les autorisations et concessions sont des actifs stratégiques. Les décotes sont plus faibles car la demande de repreneurs est forte dans l'énergie.
Selon Brantham Partners, chaque juridiction commerciale a ses spécificités en matière de procédures collectives, et la connaissance du terrain est un facteur clé de succès. Conformément a l'article L.642-12 du Code de commerce, la purge du passif garantit que le repreneur n'herite pas des dettes antérieures, ce qui justifie les décotes observées.
Due diligence sectorielle : l'énergie
La due diligence dans l'énergie couvre des aspects spécifiques que le repreneur doit maîtriser.
Normes et règlementations
- CRE (Commission de Régulation de l'Énergie)
- DREAL (autorisation exploitation)
- ICPE (installations classées)
- Code de l'énergie
- Normes environnementales (étude d'impact)
Licences et certifications
- Autorisation d'exploiter (CRE/DREAL)
- Concession de distribution
- Contrats de rachat (obligation d'achat)
- Certificats verts/garanties d'origine
Points d'attention spécifiques
La DD énergie couvre les autorisations (CRE, DREAL), les contrats d'achat (tarif fixe, durée), l'état des infrastructures, les performances de production (capacity factor), les obligations environnementales et les baux fonciers. Les contrats de rachat à tarif fixe sont l'actif le plus valorisé.
Risques sectoriels
- Perte d'autorisation d'exploiter
- Performance de production inférieure aux prévisions
- Contentieux environnementaux
- Baux fonciers défavorables
Structurer l'offre de cession dans l'énergie
L'offre de reprise d'une entreprise dans l'énergie en plan de cession doit respecter le formalisme de l'article L.642-2 du Code de commerce tout en intégrant les spécificités sectorielles.
Structure type
L'offre de reprise porte sur la cession de société de projet (SPV) ou d'actifs énergétiques avec autorisations
Points clés de l'offre
L'offre doit securiser le transfert des autorisations, la continuité des contrats de rachat, le maintien du personnel technique et le plan d'investissement (maintenance, repowering). Le transfert d'autorisation CRE/DREAL est un préalable.
Financement d'un rachat dans l'énergie
A travers ses délégations territoriales, BPI France déploie des prêts reprise dédiés aux opérations de distressed M&A, avec des taux préférentiels et des differees de remboursement adaptés au contexte de retournement.
Structure de financement type
Project financé (60-70%), fonds propres (20-30%), BPI France (10-15%). Les projets ENR bénéficient de financements project financé a taux préférentiels grace aux contrats de rachat long terme.
Le coût total d'un rachat en liquidation dans l'énergie intègre le prix de cession, les frais de due diligence, les coûts de mise en conformité et le BFR day-one.
Étude de cas anonymisee : rachat dans l'énergie en liquidation
Ce cas anonymise illustre une reprise réussie dans l'énergie, accompagnée par Brantham Partners.
Parc de 5 centrales solaires au sol (15 MW total)
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Chiffre d'affaires | 3 800 000 EUR |
| Effectif | 5 salariés |
| Prix de cession | 2 200 000 EUR |
| Décote | 42% |
| Budget total | 3 500 000 EUR |
| ROI à 24 mois | 65% |
Facteur clé de succès : Les 5 contrats de rachat à tarif fixe (20 ans) garantissaient 2,8M EUR de revenus annuels. L'investissement dans le repowering (+30% de production) a significativement amélioré le rendement.
Brantham Partners et l'énergie
Brantham Partners accompagné les reprises d'actifs énergétiques avec une expertise croisée en évaluation d'infrastructure et en structuration de project financé. Notre connaissance des mécanismes de transfert d'autorisations (CRE, DREAL), notre réseau auprès des fonds d'infrastructure (Mirova, Meridiam) et notre capacité a évaluer les performances réelles de production (capacity factor) sécurisent des opérations ou la technicité financière et réglementaire est déterminante.
Notre approche sectorielle dans l'énergie repose sur :
- Sourcing propriétaire : L'expertise sectorielle de Brantham Partners permet un sourcing cible : nous connaissons les indicateurs avancés de difficulté propres a ce secteur et entretenons des relations directes avec les professionnels des procédures collectives concernés.
- Due diligence accélérée : Brantham Partners déploie une méthodologie de due diligence calibrée pour le distressed M&A sectoriel : focus sur les indicateurs opérationnels critiques, les risques cachés et le potentiel de retournement à 24 mois.
- Exécution en audience : Notre capacité d'exécution repose sur une expérience éprouvée dans ce secteur : connaissance des valorisations de référence, maîtrise des enjeux sociaux et techniques, et relations etabliés avec les mandataires concernés.
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Spécificités de la liquidation judiciaire dans le secteur Énergie
Le secteur de l'énergie génère des défaillances croissantes parmi les installateurs photovoltaïques, les opérateurs de petites centrales éolien/solaire et les sociétés de trading énergie. Les actifs les plus précieux : les contrats de rachat garantis EDF OA (obligation d'achat).
Actifs énergétiques à acquérir en liquidation judiciaire
| Actif | Évaluation et points de vigilance |
|---|---|
| Centrales photovoltaïques avec contrat OA EDF | Un contrat OA à 0,12 EUR/kWh sur 20 ans restants = actif financier. Valeur : 6–10 fois le CA annuel. Le transfert nécessite l'accord préalable d'EDF (délai 30–60 jours). À initier AVANT l'audience. |
| Parc éolien (turbines + bail terrain) | Les turbines éoliennes (Vestas, Siemens Gamesa, Enercon) se cèdent à 30–50% de leur valeur de remplacement si âge <10 ans. Vérifier : contrats de maintenance, bail terrain (25 ans minimum), raccordement réseau ENEDIS. |
| Autorisations ICPE (Installations Classées) | Les autorisations ICPE pour centrales à gaz, biomasse ou incinération représentent des années de procédure administrative. Non automatiquement transférables mais la continuité d'exploitation facilite le maintien. |
| Portefeuille clients (traders énergie) | Un portefeuille de contrats de fourniture d'énergie avec des PME/PMI = CA récurrent 12–24 mois. Valeur : 1–3 mois de marge. Vérifier la résilience du portefeuille aux fluctuations spot. |
Calendrier type de liquidation judiciaire — Énergie
Procédures énergie variables (5–12 semaines) selon la complexité des autorisations. Le transfert des contrats OA EDF est souvent le chemin critique.
Risques spécifiques à surveiller
Contrats clients en cours de résiliation, raccordement réseau à renégocier (ENEDIS), garanties de raccordement non restituées.
En énergie renouvelable, demandez immédiatement à EDF OA la liste des obligations contractuelles en cas de transfert de contrat. Ce document (disponible en 5 jours) conditionne toute la structuration de l'offre.
Données sectorielles de référence
| Indicateur sectoriel | Valeur 2024 |
|---|---|
| CA total secteur Énergie | 120 milliards EUR |
| Emplois secteur | 160 000 |
| Procédures collectives 2024 | 1,400 |
| Actifs phares en LJ | installations photovoltaïques (kWc), contrats de rachat EDF OA, autorisations ICPE |