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Guide Acquéreur

Calendrier et délais des procédures collectives en France : étapes clés et fenêtres d'intervention pour l'acquéreur

Chaque procédure collective suit un calendrier précis, avec des fenêtres d'intervention limitées pour l'acquéreur. Redressement judiciaire, liquidation, sauvegarde, prépack : voici la timeline complète vue repreneur, avec les délais légaux, les moments critiques et les stratégies de timing en 2026.

PR
Paul Roulleau
18 mars 2026 18 min de lecture
[ 01 — 09 ]

Quels sont les délais des procédures collectives en France ?

Les procédures collectives françaises obéissent à des calendriers légaux stricts, définis par le Livre VI du Code de commerce. Pour un acquéreur qui souhaite racheter une entreprise en difficulté, comprendre ces délais n'est pas une option : c'est une condition préalable à toute stratégie de reprise. Chaque procédure -- sauvegarde, redressement judiciaire, liquidation judiciaire, prépack cession -- suit un calendrier distinct avec des fenêtres d'intervention spécifiques.

Le point fondamental à retenir est que les délais légaux sont des maximums, pas des durées garanties. Un redressement judiciaire peut être converti en liquidation après quelques semaines si le tribunal constate l'impossibilité manifeste de redressement. Une liquidation peut être prononcée d'emblée si l'entreprise a cessé toute activité. L'acquéreur doit donc maîtriser non seulement les durées théoriques, mais aussi les scénarios de conversion et d'accélération qui modifient le calendrier en cours de route.

Délais moyens de cession par procédure
4-8 mois
Plan de cession en RJ
2-4 mois
Cession en LJ
3-6 mois
Prépack total

Selon Brantham Partners, la maîtrise du calendrier est le premier facteur de différenciation entre un acquéreur qui réussit ses reprises et un acquéreur qui rate ses cibles. L'acquéreur qui connaît les délais anticipe. Celui qui ne les connaît pas subit. En reprise à la barre comme en cession négociée, le timing est déterminant.

Les quatre grandes procédures ont des calendriers radicalement différents. Le redressement judiciaire offre une fenêtre longue mais incertaine (6 à 18 mois). La liquidation judiciaire est plus rapide et prévisible (2 à 4 mois pour la cession). La sauvegarde est rarement pertinente pour l'acquéreur car la cession y est exceptionnelle. Le prépack cession est la procédure la plus maîtrisée car l'acquéreur négocie en amont de la publicité légale.

Quel est le calendrier d'un redressement judiciaire ?

Le redressement judiciaire est la procédure la plus fréquente pour les entreprises en cessation des paiements qui présentent encore des perspectives de redressement. Son calendrier est structuré en trois phases distinctes, chacune avec des implications spécifiques pour l'acquéreur potentiel.

Phase 1 -- Jugement d'ouverture (Jour 0)

Le tribunal de commerce prononce le jugement d'ouverture après constatation de l'état de cessation des paiements. Ce jugement est publié au BODACC et au registre du commerce dans les 15 jours. Il désigne un administrateur judiciaire (chargé d'assister ou de représenter le débiteur) et un mandataire judiciaire (représentant des créanciers). Le débiteur continue de gérer l'entreprise, sous la surveillance de l'administrateur.

Fenêtre acquéreur : dès la publication du jugement, l'acquéreur informé peut commencer à se positionner. Il n'y a pas d'appel d'offres à ce stade, mais l'acquéreur peut contacter l'administrateur judiciaire pour manifester son intérêt et obtenir des informations sur l'entreprise. Les acquéreurs qui se positionnent tôt obtiennent un avantage informationnel significatif.

Phase 2 -- Période d'observation (6 mois, renouvelable 2 fois)

La période d'observation est le cœur du redressement judiciaire. Elle dure 6 mois à compter du jugement d'ouverture, renouvelable une première fois pour 6 mois supplémentaires sur demande de l'administrateur ou du débiteur (article L.621-3 du Code de commerce). Un second renouvellement exceptionnel de 6 mois peut être accordé par le tribunal. La durée maximale théorique est donc de 18 mois.

Pendant cette période, l'administrateur judiciaire élabore un bilan économique et social de l'entreprise. Il évalue les perspectives de redressement et présente au tribunal ses conclusions. Si le redressement est possible, un plan de redressement (continuation) est proposé. Si seule une cession permet de maintenir l'activité et l'emploi, un plan de cession est organisé.

Fenêtre acquéreur : c'est pendant la période d'observation que l'administrateur lance l'appel d'offres pour un plan de cession, si cette voie est retenue. L'acquéreur dispose alors d'un délai de 3 à 6 semaines pour déposer son offre conforme à l'article L.642-2 du Code de commerce. Ce délai est souvent insuffisant pour une due diligence approfondie — d'où l'importance de s'être positionné en amont.

Phase 3 — Jugement de cession (mois 4 à 8 en moyenne)

L'audience d'examen des offres se tient devant le tribunal de commerce. L'administrateur présente les offres reçues, le mandataire judiciaire donne son avis, les représentants du personnel sont entendus. Le tribunal retient l'offre qui assure le meilleur équilibre entre maintien de l'emploi, prix proposé et pérennité du projet. Le jugement est prononcé dans les jours ou semaines suivant l'audience.

Fenêtre acquéreur : l'audience est le moment décisif. L'acquéreur (ou son avocat) présente son offre et répond aux questions du tribunal. D'autres candidats peuvent se manifester à l'audience. Après le jugement, le transfert des actifs intervient selon les modalités fixées par le tribunal. Le prix doit être payé dans le délai prévu par l'offre (généralement 30 à 90 jours).

Selon Brantham Partners, le calendrier réel d'un plan de cession en redressement se situe entre 4 et 8 mois après l'ouverture. L'acquéreur qui attend la publication de l'appel d'offres pour commencer sa réflexion a déjà perdu 3 mois d'avance informationnelle sur ses concurrents.

Quel est le calendrier d'une liquidation judiciaire ?

La liquidation judiciaire est prononcée lorsque le redressement est manifestement impossible. C'est la procédure la plus rapide pour l'acquéreur : le liquidateur est motivé pour céder les actifs avant qu'ils ne se déprécient davantage, et les délais légaux sont comprimés.

Jugement d'ouverture et désignation du liquidateur (Jour 0)

Le tribunal prononce la liquidation judiciaire et désigne un liquidateur. L'activité peut être maintenue pendant une durée fixée par le tribunal (généralement 3 mois maximum, prorogéables pour des motifs graves) pour permettre la cession dans de meilleures conditions. Publication BODACC dans les 15 jours. La cessation des paiements est constatée, et le débiteur est dessaisi de la gestion de l'entreprise au profit du liquidateur.

Inventaire et appel d'offres (semaines 1 à 4)

Le liquidateur fait réaliser un inventaire des actifs, rassemble les informations nécessaires pour les candidats repreneurs, et publie un appel d'offres. Le délai de dépôt des offres est fixé par le liquidateur, généralement 2 à 4 semaines après la publication. Ce délai est plus court qu'en redressement car l'urgence est plus grande : chaque semaine de liquidation érode la valeur de l'entreprise.

Audience et jugement de cession (mois 2 à 4)

L'audience d'examen des offres se tient devant le tribunal. Le liquidateur présente les offres, le juge-commissaire donne son avis. Les critères sont identiques à ceux du redressement : emploi, prix, pérennité. Le jugement intervient rapidement, souvent dans la semaine suivant l'audience.

Fenêtre acquéreur : en liquidation, l'acquéreur a très peu de temps. Entre la publication BODACC et la date limite de dépôt, il dispose de 2 à 4 semaines — parfois moins. C'est un format qui favorise les acquéreurs déjà préparés, qui ont surveillé les signaux de fragilité en amont et qui disposent d'un conseil M&A capable d'analyser le dossier rapidement. La préparation de l'audience doit être impeccable.

Timeline liquidation judiciaire
J+15
Publication BODACC
2-4 sem.
Délai dépôt offres
2-4 mois
Jugement cession

Quel est le calendrier d'une sauvegarde ?

La procédure de sauvegarde, régie par les articles L.620-1 et suivants du Code de commerce, est ouverte aux entreprises qui ne sont pas encore en cessation des paiements mais qui justifient de difficultés qu'elles ne peuvent surmonter seules. Son calendrier est proche de celui du redressement judiciaire, mais avec une différence majeure pour l'acquéreur : la cession est exceptionnelle en sauvegarde.

Période d'observation (6 mois, renouvelable)

Comme en redressement, la période d'observation dure 6 mois, renouvelable une fois pour 6 mois. Le débiteur reste à la tête de l'entreprise et conserve l'intégralité de ses pouvoirs de gestion. L'administrateur judiciaire a un rôle de surveillance, pas de direction. L'objectif est l'élaboration d'un plan de sauvegarde (plan de continuation avec échelonnement des dettes).

Plan de sauvegarde ou conversion

La sauvegarde aboutit normalement à un plan de sauvegarde (continuation de l'activité par le débiteur avec restructuration de la dette). La cession totale n'est possible en sauvegarde que dans des conditions restrictives introduites par la loi du 26 juillet 2005 et précisées depuis. En pratique, les tribunaux privilégient la continuation. Si le débiteur est finalement en cessation des paiements, la procédure est convertie en redressement judiciaire, ou directement en liquidation.

Fenêtre acquéreur : très étroite en sauvegarde. L'acquéreur n'a pas de rôle naturel dans cette procédure, sauf si la situation se dégrade et que le tribunal ordonne une conversion en redressement. Selon Brantham Partners, l'acquéreur avisé surveille les procédures de sauvegarde comme des signaux avancés de difficulté : une sauvegarde qui échoue se transforme souvent en redressement avec plan de cession dans les 6 à 12 mois suivants. C'est un indicateur de sourcing précieux.

La sauvegarde est la procédure où l'acquéreur doit être le plus patient. Ce n'est pas le moment d'agir, c'est le moment de surveiller. Les entreprises qui entrent en sauvegarde et n'arrivent pas à exécuter leur plan deviennent les meilleures cibles de redressement 12 mois plus tard.

Quel est le calendrier d'un prépack cession ?

Le prépack cession est la procédure la plus favorable à l'acquéreur en termes de calendrier, car elle lui permet de maîtriser le timing au lieu de le subir. La timeline se décompose en deux phases nettement distinctes.

Phase confidentielle — Prévention (2 à 4 mois)

Le débiteur ouvre un mandat ad hoc (article L.611-3) ou une conciliation (article L.611-7). Un mandataire est nommé par le président du tribunal. Tout se passe dans la confidentialité absolue de l'article L.611-15. Pendant cette phase, l'acquéreur :

  • Semaines 1-2 : approche du débiteur, signature du NDA, premiers échanges d'information.
  • Semaines 3-8 : due diligence approfondie (financière, juridique, sociale, opérationnelle). L'acquéreur a accès direct aux équipes dirigeantes, aux documents comptables, aux contrats clés.
  • Semaines 6-12 : négociation des termes (périmètre, prix, emplois, conditions) avec le dirigeant, sous l'égide du conciliateur. Structuration du financement.
  • Semaines 10-16 : rédaction de l'offre de reprise conforme à l'article L.642-2. Validation par le conciliateur. Préparation de la conversion en procédure collective.

Phase judiciaire — Procédure collective (1 à 2 mois)

La procédure collective est ouverte (redressement ou liquidation selon la situation). L'offre pré-négociée est déposée formellement. L'audience se tient dans les 2 à 4 semaines. Le jugement d'homologation intervient dans la foulée. D'autres candidats peuvent théoriquement se manifester, mais l'acquéreur prépack dispose d'un avantage informationnel et temporel considérable.

Analyse Brantham Partners

Le prépack cession compresse les risques au lieu de les étaler. En 3 à 6 mois, l'acquéreur complète un processus qui prendrait 6 à 18 mois en redressement classique, avec une qualité de due diligence incomparablement supérieure. L'investissement dans la phase de prévention est le meilleur usage du temps de l'acquéreur.

Quand l'acquéreur peut-il intervenir dans chaque procédure ?

Le tableau ci-dessous synthétise les fenêtres d'intervention de l'acquéreur dans chaque type de procédure collective. Il identifie pour chaque étape la durée, la fenêtre disponible et l'action prioritaire du repreneur. C'est l'outil de référence que Brantham Partners utilise pour piloter le timing de ses mandats d'acquisition.

Procédure Étape Durée Fenêtre acquéreur Action prioritaire
Redressement Jugement d'ouverture J0 Immédiate Contacter l'administrateur, manifester son intérêt
Redressement Période d'observation 6-18 mois Large mais décroissante Due diligence préparatoire, structurer l'offre
Redressement Appel d'offres cession 3-6 semaines Critique Déposer l'offre L.642-2, finaliser le financement
Redressement Audience / jugement 1-2 semaines Ponctuelle Présenter l'offre, répondre aux questions
Liquidation Désignation liquidateur J0 Immédiate Contacter le liquidateur, obtenir l'inventaire
Liquidation Appel d'offres 2-4 semaines Très courte Due diligence express, déposer l'offre
Liquidation Audience / jugement 1-2 semaines Ponctuelle Présenter l'offre, payer le prix
Sauvegarde Période d'observation 6-12 mois Pas de cession (sauf exception) Surveiller, anticiper une conversion en RJ
Sauvegarde Échec du plan Variable À la conversion Se positionner immédiatement en RJ ou LJ
Prépack Phase prévention 2-4 mois Totale (négociation directe) Due diligence complète, négocier prix/périmètre
Prépack Phase collective 1-2 mois Dépôt d'offre formalisé Déposer l'offre, préparer l'audience

Ce tableau met en évidence une réalité fondamentale : les fenêtres d'intervention les plus favorables sont les plus courtes. L'appel d'offres en liquidation dure 2 à 4 semaines. L'appel d'offres en redressement dure 3 à 6 semaines. Seul le prépack offre une fenêtre étendue et maîtrisée. Pour un acquéreur qui découvre un dossier le jour de la publication BODACC, le délai est structurellement insuffisant pour une due diligence sérieuse.

Quels sont les pièges de timing à éviter ?

Le timing est la première cause d'échec dans les acquisitions en procédure collective. Selon l'expérience de Brantham Partners, 40% des échecs d'acquisition sont liés à des problèmes de calendrier, pas à des problèmes de prix. Voici les quatre pièges les plus fréquents.

Piège 1 — Arriver trop tard

C'est le piège le plus courant. L'acquéreur découvre l'opportunité en lisant la publication BODACC, contacte un avocat, commence à rassembler des informations, et réalise que la date limite de dépôt des offres est dans 10 jours. Il n'a pas le temps de conduire une due diligence sérieuse, de structurer son financement, ni de rédiger une offre conforme. Il dépose une offre incomplète ou imprécise, qui sera écartée par le tribunal au profit d'un candidat mieux préparé.

La solution : le sourcing en amont. Les signaux de fragilité d'une entreprise sont détectables 6 à 18 mois avant l'ouverture d'une procédure collective : retards de dépôt de comptes, inscriptions de privilèges au greffe, nantissements, alertes fournisseurs, rumeurs sectorielles. L'acquéreur qui surveille ces signaux peut se préparer bien avant la publication officielle.

Piège 2 — Sous-estimer les délais de due diligence

Une due diligence sérieuse sur une PME de taille intermédiaire (5 à 50 millions d'euros de chiffre d'affaires) nécessite 15 à 45 jours de travail effectif. Ce délai inclut l'analyse financière (3 exercices, prévisionnel, trésorerie), l'analyse juridique (contrats, baux, contentieux, PI), l'analyse sociale (effectifs, accords collectifs, passif social), et l'analyse opérationnelle (outil industriel, SI, dépendances). En procédure collective, le mandataire organise une data room, mais les informations sont souvent incomplètes ou désorganisées.

L'acquéreur qui pense pouvoir faire une due diligence en 5 jours prend des risques post-acquisition considérables. Soit il découvre des passifs cachés après le jugement (même avec la purge de l'article L.642-12, certains risques opérationnels persistent), soit il fixe un prix excessivement bas par prudence et perd le dossier face à un concurrent mieux informé.

Piège 3 — Rater la date limite de dépôt d'offre

La date limite de dépôt des offres est un couperet absolu. Aucune prorogation n'est accordée sauf circonstances exceptionnelles. L'offre doit être complète et conforme à l'article L.642-2 : désignation des actifs repris, prix, modalités de paiement, prévisions d'activité, engagements d'emploi, garanties. Une offre déposée un jour en retard est irrecevable. Une offre incomplète peut être écartée.

L'acquéreur doit intégrer dans son calendrier le temps de rédaction de l'offre par son avocat spécialisé (2 à 5 jours), le temps de relecture et de validation interne, et le temps de sécurisation du financement bancaire (souvent le goulot d'étranglement). Un travail de valorisation rigoureux en amont accélère considérablement la rédaction de l'offre.

Piège 4 — Ne pas anticiper le délai de paiement du prix

Le jugement de cession fixe un délai de paiement du prix, généralement 30 à 90 jours après le jugement. Si l'acquéreur n'a pas sécurisé son financement (fonds propres, crédit bancaire, garantie à première demande), il risque la caducité du plan de cession. Un plan caduc peut être remis en cause, et le tribunal peut ordonner une nouvelle mise en concurrence — avec perte de l'acompte éventuel et atteinte à la réputation de l'acquéreur auprès des mandataires judiciaires.

Comment optimiser votre timing de reprise ?

La maîtrise du calendrier des procédures collectives n'est pas un exercice académique — c'est un avantage compétitif direct. Voici les cinq stratégies que Brantham Partners recommande à tout acquéreur sérieux en distressed M&A.

Stratégie 1 — Veille permanente et détection précoce

Mettre en place une veille systématique sur les signaux de fragilité des entreprises de votre secteur cible. Les sources clés : publications BODACC (jugements, inscriptions de privilèges), bilans déposés au greffe (évolution du chiffre d'affaires, des fonds propres, de l'endettement), base InfoGreffe, alertes Google sur les noms d'entreprises cibles. L'objectif est d'identifier les cibles potentielles 6 à 18 mois avant l'ouverture d'une procédure collective, quand les délais sont encore confortables.

Stratégie 2 — Pré-positionnement auprès des mandataires

Les administrateurs judiciaires et les mandataires judiciaires sont les gatekeepers du marché du distressed M&A en France. Il existe environ 200 administrateurs judiciaires et 350 mandataires judiciaires en exercice. Se faire connaître auprès de ces professionnels, leur communiquer ses critères de recherche (secteur, taille, géographie) et démontrer sa capacité à exécuter rapidement est un investissement à haut rendement. Quand un mandataire reçoit un dossier correspondant à vos critères, il pensera à vous — parfois avant même que la procédure ne soit ouverte.

Stratégie 3 — Due diligence préparatoire permanente

Ne pas attendre l'appel d'offres pour commencer l'analyse. Quand vous identifiez une cible potentielle (même avant la procédure), commencez à collecter les informations publiques : bilans, organigramme, contrats publics, brevets, baux commerciaux. Constituez un dossier préliminaire qui vous permettra de réagir en quelques jours le jour où la procédure est ouverte. En due diligence accélérée, la préparation en amont fait la différence entre une analyse de 3 jours et une analyse de 3 semaines.

Stratégie 4 — Privilégier le prépack quand c'est possible

Si vous avez identifié une cible et que le dirigeant est coopératif, le prépack cession est toujours préférable à l'attente d'une procédure collective ouverte. Il vous donne le contrôle du calendrier, un accès direct à l'information, et un avantage temporel sur les concurrents potentiels. L'investissement dans l'approche du dirigeant et dans la négociation en prévention est largement rentabilisé par la qualité du résultat.

Stratégie 5 — S'entourer d'un conseil M&A spécialisé

Le calendrier des procédures collectives ne se gère pas seul. L'acquéreur a besoin d'un conseil M&A qui connaît les délais légaux, les pratiques des tribunaux de commerce, les attentes des mandataires, et les stratégies de timing qui font la différence. Brantham Partners accompagne les acquéreurs de la phase de veille jusqu'au jugement de cession, en pilotant le calendrier de chaque étape pour maximiser les chances de succès.

Conseil Brantham Partners

Le meilleur moment pour préparer une acquisition en procédure collective est avant que la procédure ne soit ouverte. Quand la publication BODACC sort, le chronomètre tourne. Ceux qui ont fait le travail préparatoire gagnent. Ceux qui commencent à ce moment-là perdent. C'est aussi simple que cela.

FAQ — Calendrier des procédures collectives

Un redressement judiciaire dure en moyenne 6 à 18 mois. La période d'observation initiale est de 6 mois, renouvelable une fois pour 6 mois supplémentaires, et exceptionnellement une seconde fois. Si un plan de cession est ordonné, le jugement intervient généralement dans les 4 à 8 mois suivant l'ouverture. Pour l'acquéreur, la fenêtre d'intervention optimale se situe dans les 2 premiers mois après l'ouverture, quand l'administrateur judiciaire est le plus réceptif aux manifestations d'intérêt.

La phase de cession en liquidation judiciaire est plus rapide qu'en redressement : 2 à 4 mois entre le jugement d'ouverture et le jugement de cession. Le liquidateur lance l'appel d'offres dans les semaines suivant sa nomination, avec un délai de dépôt des offres de 2 à 4 semaines. L'audience intervient rapidement après. En revanche, la clôture définitive de la liquidation (répartition du prix entre créanciers) peut prendre plusieurs années.

En redressement judiciaire, l'acquéreur peut déposer une offre de plan de cession pendant la période d'observation, après publication de l'appel d'offres au BODACC. En liquidation judiciaire, l'offre se dépose dans le délai fixé par le liquidateur après publication. En prépack cession, l'acquéreur négocie en amont pendant la phase de prévention, puis dépose formellement son offre dès l'ouverture de la procédure collective. Dans tous les cas, l'offre doit être conforme à l'article L.642-2 du Code de commerce.

La sauvegarde et le redressement judiciaire ont des calendriers similaires (période d'observation de 6 mois renouvelable), mais la sauvegarde est ouverte avant la cessation des paiements. La cession n'est possible en sauvegarde que dans des conditions restrictives. En pratique, la sauvegarde aboutit généralement à un plan de continuation, pas à une cession. L'acquéreur a donc peu de fenêtres d'intervention en sauvegarde, sauf conversion en redressement. Selon Brantham Partners, la sauvegarde est un signal à surveiller, pas un moment pour agir.

Un prépack cession dure au total 3 à 6 mois. La phase confidentielle de prévention (mandat ad hoc ou conciliation) dure 2 à 4 mois : c'est là que l'acquéreur conduit sa due diligence et négocie les termes. La phase judiciaire dure 1 à 2 mois entre l'ouverture de la procédure collective et le jugement d'homologation. C'est la procédure la plus avantageuse pour l'acquéreur car il négocie avant la publicité légale.

Le délai entre la publication au BODACC de l'ouverture de la procédure et la date limite de dépôt des offres varie selon les dossiers, mais se situe généralement entre 3 et 6 semaines. Ce délai est fixé par le mandataire judiciaire (en RJ) ou le liquidateur (en LJ). Il est souvent insuffisant pour une due diligence approfondie, ce qui avantage les acquéreurs qui ont anticipé le dossier ou qui disposent d'un conseil M&A spécialisé comme Brantham Partners.

Les délais des procédures collectives sont fixés par la loi et ne peuvent pas être raccourcis par les parties. En revanche, certains mécanismes permettent d'accélérer le processus de cession : le prépack cession (négociation en amont), la liquidation judiciaire directe (sans passage par le redressement), et la conversion anticipée du redressement en liquidation si le redressement est manifestement impossible. Selon Brantham Partners, la meilleure accélération est la préparation en amont, pas la compression des délais légaux.

Les principaux risques de timing sont : arriver trop tard (l'appel d'offres est déjà lancé et le délai est insuffisant pour une due diligence sérieuse), sous-estimer les délais administratifs (obtention de financements, autorisations réglementaires), rater la date limite de dépôt des offres, et ne pas anticiper le délai de paiement du prix après le jugement. Selon Brantham Partners, 40% des échecs d'acquisition en procédure collective sont liés à des problèmes de timing, pas de prix. La reprise à la barre exige une préparation logistique irréprochable.

Le calendrier d'une procédure collective est fixé par le tribunal et l'administrateur judiciaire — le repreneur ne peut pas l'imposer. Cependant, certaines actions permettent d'influer positivement : contacter l'administrateur très tôt dans la période d'observation, déposer une lettre d'intention non-contraignante, et se montrer disponible pour la data room. Le tribunal peut aussi être sollicité pour une audience accélérée si la situation économique se dégrade vite (risque de disparition du fonds de commerce, rupture de trésorerie). Un repreneur qui communique clairement et réagit vite aux demandes de l'administrateur est perçu favorablement et peut bénéficier d'un processus plus fluide.

Après l'audience d'arrêté du plan de cession, le délibéré du tribunal dure généralement 8 à 15 jours. Une fois le jugement rendu, la prise de possession effective dépend de la rédaction et signature des actes de cession (rédigés par un avocat ou un notaire) et du paiement du prix. En pratique, cela prend 2 à 6 semaines supplémentaires. Si le repreneur a obtenu un financement bancaire, les fonds doivent être débloqués dans ce délai. Pendant cette période de transition, l'administrateur judiciaire assure la continuité de l'exploitation. Le repreneur doit donc prévoir sa prise de poste opérationnelle environ 4 à 8 semaines après l'audience.

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