Contexte macro-économique
L'année 2025 marque un tournant structurel dans le paysage des défaillances d'entreprises en France. Après deux années de normalisation post-Covid, les procédures collectives ont non seulement dépassé les niveaux d'avant-crise, mais atteint un record historique depuis 2009. Ce n'est pas un accident conjoncturel : c'est le résultat d'une convergence de chocs cumulatifs que les entreprises françaises absorbent depuis 2020.
L'héritage du Covid : la falaise des PGE
Entre mars 2020 et juin 2022, l'État français a déployé environ 145 milliards d'euros de Prêts Garantis par l'État, permettant à des centaines de milliers d'entreprises de survivre à l'arrêt brutal de l'activité. Ce mécanisme exceptionnel a eu pour effet de décaler dans le temps des défaillances qui auraient dû intervenir dès 2020 ou 2021. Les remboursements de PGE, étalés sur quatre à six ans, ont commencé à peser significativement sur les bilans à partir de 2023 et ont atteint leur rythme plein en 2024-2025.
Les entreprises les plus fragiles — celles dont le modèle n'avait pas retrouvé sa rentabilité d'avant-crise — se retrouvent simultanément avec une dette PGE à rembourser, des dettes sociales et fiscales accumulées pendant les années de plan d'apurement, et un besoin en fonds de roulement en hausse sous l'effet de l'inflation. Ce triple effet de ciseau explique une grande partie du pic de 2025.
La remontée des taux : un choc inédit pour une génération de dirigeants
La Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs de 0% à 4,5% en l'espace de dix-huit mois entre 2022 et 2023. Pour une génération entière de chefs d'entreprise habitués à des coûts de financement proches de zéro, ce choc a été brutal. Les PME endettées à taux variable ont vu leur charge financière multipliée par trois ou quatre. Les dossiers de refinancement se sont compliqués : les banques, plus sélectives, ont durci leurs conditions, poussant certaines entreprises vers des solutions de financement alternatif coûteuses avant d'aboutir au tribunal.
Selon Brantham Partners, environ 35% des dossiers de défaillances d'entreprises de plus de 20 salariés en 2025 comportent un volet significatif de dette financière devenue insoutenable, contre 22% en 2019. Le stress du bilan est devenu la première cause de défaillance pour les entreprises de taille intermédiaire, devant les pertes d'exploitation.
Les coûts énergétiques : un effet durable sur les marges industrielles
La crise énergétique de 2022 a laissé des cicatrices profondes dans les secteurs à forte intensité en énergie. Si les prix du gaz et de l'électricité se sont partiellement normalisés, ils restent à des niveaux structurellement plus élevés qu'avant 2021. Pour les industriels — fonderies, papeteries, industries chimiques, agro-alimentaire — la compression des marges s'est traduite par une érosion des capitaux propres qui rend les bilans vulnérables au moindre choc de demande.
L'inflation des coûts des matériaux de construction a, de son côté, piégé les entreprises du BTP engagées sur des contrats à prix fixes signés avant 2022. La rentabilité de certains chantiers s'est inversée, transformant des carnets de commandes apparemment solides en machines à pertes.
La hausse des défaillances de 2025 n'est pas une crise soudaine : c'est le dénouement prévisible de cinq ans d'accumulation de fragilités structurelles. Pour les repreneurs, cela signifie un pipeline durable, pas un pic éphémère.
Un contexte politique et fiscal qui ajoute à l'incertitude
L'instabilité gouvernementale de 2024-2025 et les débats récurrents sur la fiscalité des entreprises ont contribué à retarder les décisions d'investissement et de restructuration préventive. Des dirigeants qui auraient pu initier une procédure amiable (mandat ad hoc, conciliation) ont préféré attendre, aggravant parfois leur situation jusqu'au point de non-retour. Selon Brantham Partners, environ 40% des dossiers de redressement judiciaire auraient pu être traités en amont par des procédures de prévention si les dirigeants avaient agi six à douze mois plus tôt.
Les chiffres clés 2025
Les données du BODACC et du Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce confirment l'ampleur du phénomène. Avec 67 830 procédures ouvertes en 2025, la France retrouve des niveaux comparables à 2009, mais avec une structure radicalement différente en termes de taille d'entreprises et de secteurs concernés.
Tableau comparatif 2024 vs 2025
| Indicateur | 2024 | 2025 | Evolution |
|---|---|---|---|
| Total procédures ouvertes | 58 470 | 67 830 | +16% |
| dont Liquidations judiciaires directes | 22 800 | 28 490 | +25% |
| dont Redressements judiciaires | 16 400 | 18 990 | +16% |
| dont Plans de cession homologués | 1 850 | 2 340 | +27% |
| dont Sauvegardes ouvertes | 1 020 | 1 180 | +16% |
| Emplois menacés (estimation) | 185 000 | 234 000 | +27% |
| Emplois repris dans le cadre d'un plan de cession | 28 400 | 36 200 | +27% |
| Dossiers entreprises > 50 salariés | 1 240 | 1 680 | +35% |
Plusieurs signaux méritent attention dans ce tableau. En premier lieu, la hausse des liquidations directes (+25%) est plus forte que la hausse globale (+16%), ce qui traduit une dégradation de la solvabilité moyenne des entreprises qui arrivent en procédure : elles arrivent trop tard, avec des bilans trop dégradés pour justifier un redressement. En second lieu, les plans de cession homologués progressent de 27%, ce qui est une bonne nouvelle pour les repreneurs : c'est le canal privilégié par lequel un acquéreur peut racheter les actifs d'une entreprise défaillante sans reprendre son passif.
Enfin, la hausse de 35% des dossiers concernant des entreprises de plus de 50 salariés est le signal le plus significatif. Ces dossiers représentent un pipeline d'opportunités de qualité, avec des actifs industriels, des portefeuilles clients, des équipes techniques et des brevets qui peuvent être repris dans le cadre d'un plan de cession structuré.
Répartition géographique
L'Île-de-France concentre 22% des procédures en valeur (mais seulement 16% en volume), reflétant la présence de sièges sociaux de groupes. L'Auvergne-Rhône-Alpes et l'Occitanie affichent les progressions les plus fortes en volume (+21% et +19% respectivement), portées par la crise immobilière et la fragilité du tissu de PME manufacturières régionales.
Secteurs les plus touchés
L'analyse sectorielle révèle des dynamiques profondément différentes selon les industries. Si trois grands secteurs concentrent 47% des défaillances en volume, les situations varient considérablement en termes de qualité des actifs disponibles et d'opportunités pour les repreneurs. Selon Brantham Partners, la valeur des actifs disponibles dans les secteurs industriels dépasse souvent deux à trois fois celle du secteur des services en défaillance, malgré un nombre de procédures inférieur.
Commerce de détail : +19% — la mort lente du retail physique
Avec 16 900 procédures en 2025 (contre 14 200 en 2024, soit +19%), le commerce de détail reste le premier secteur en volume absolu. La dynamique est structurelle et non conjoncturelle : la migration des comportements d'achat vers le e-commerce s'est accélérée post-Covid et ne reviendra pas en arrière. Les centres commerciaux de périphérie, les galeries marchandes de seconde zone et le commerce de centre-ville hors emplacements n°1 sont particulièrement touchés.
Pour les repreneurs, les opportunités existent mais nécessitent une lecture fine. Les fonds de commerce en emplacement n°1 — même en procédure — font l'objet de vives compétitions en audience, avec des prix parfois proches des valorisations de marché. En revanche, les dossiers comportant des stocks importants, des actifs de logistique ou des marques avec audience digitale présentent des décotes réelles. Les acteurs du e-commerce peuvent trouver dans ces dossiers une voie d'accès à des bases clients, des noms de domaine et des savoir-faire commerciaux à des prix décoté.
BTP et construction : +14% — l'effet ciseau des contrats à prix fixe
Le secteur de la construction a enregistré 11 170 procédures en 2025 (+14% vs 2024). La dynamique ici est différente de celle du retail : elle est liée à des problèmes de trésorerie aigus plutôt qu'à une obsolescence du modèle économique. Les entreprises du BTP ont souvent des carnets de commandes bien remplis — parfois signés à des prix pré-inflation — mais une trésorerie insuffisante pour financer les chantiers jusqu'à la facturation des situations de travaux.
Ces dossiers présentent un intérêt particulier pour les repreneurs industriels dans le secteur. La reprise d'une PME du BTP en procédure permet d'acquérir d'un coup un parc de matériel (parfois sous-valorisé en procédure), des équipes qualifiées rares à recruter en période de tension sur le marché du travail, et des références chantiers qui permettent d'accéder à de nouveaux marchés publics. Les agréments et certifications (Qualibat, MASE, ISO) peuvent également être préservés sous conditions dans le cadre d'un plan de cession.
Restauration et hôtellerie : +23% — la fin des effets d'aubaine post-Covid
Avec 10 330 procédures en 2025 (+23%), la restauration et l'hôtellerie affichent la plus forte progression en pourcentage parmi les grands secteurs. Le phénomène s'explique par plusieurs facteurs convergents. Les aides exceptionnelles Covid (PGE, exonérations de charges, fonds de solidarité) avaient artificiellement maintenu en vie des établissements dont le modèle économique n'était plus viable. La normalisation de ces aides a provoqué un rattrapage mécanique. Parallèlement, l'inflation alimentaire et la hausse des coûts salariaux (revalorisation du SMIC, difficultés de recrutement) ont fortement comprimé les marges.
Pour les repreneurs, les murs commerciaux de restaurants en emplacement prime restent disputés, mais les fonds de commerce eux-mêmes, hors murs, peuvent être acquis à des conditions très favorables. Les groupes de restauration ayant une logistique et des achats groupés trouvent dans ces situations un moyen d'accélération de leur développement géographique à moindre coût.
Immobilier et promotion : +31% — la crise du logement frappe les opérateurs
Le secteur immobilier et de la promotion affiche la progression la plus forte de notre analyse : +31% en 2025. La chute des volumes de transactions immobilières depuis 2022, combinée à la hausse des taux qui a tué la solvabilité des acquéreurs, a pris en étau les promoteurs engagés sur des opérations à long terme. Les VEFA non vendues, les programmes dont le permis de construire arrive à expiration et les opérateurs de marchands de biens surendettés constituent un pipeline nouveau pour les repreneurs sectoriels.
Tech startups : un phénomène émergent à surveiller
Si les startups technologiques ne représentent qu'environ 2% des procédures en volume, leur progression et la nature des actifs disponibles méritent une attention spécifique. La fin du cycle de financements faciles (taux bas, valorisations agressives) a laissé un nombre croissant de startups en situation de dépendance à de prochains tours de financement qui n'arrivent pas. Les procédures de sauvegarde et de redressement concernant des startups SaaS, deeptech ou marketplace avec base client active présentent un intérêt particulier : brevets, codes source, équipes d'ingénieurs, portefeuilles clients payants.
Les secteurs industriels (métallurgie, chimie, agro-alimentaire) affichent les meilleurs ratios valeur/prix de cession. Les décotes observées sur les actifs corporels industriels dépassent régulièrement 40 à 60% par rapport aux valorisations de marché. C'est dans ces secteurs que Brantham Partners concentre son sourcing propriétaire.
Opportunités de reprise
Le volume de défaillances crée mécaniquement un élargissement du deal flow. Notre analyse des annonces BODACC a identifié trois typologies d'opportunités distinctes, chacune avec ses critères d'identification, son profil de risque et son approche d'exécution spécifique.
1. Les reprises opérationnelles : la valeur de l'outil industriel
Ce sont les dossiers les plus recherchés par les repreneurs stratégiques. L'entreprise présente un modèle économique fondamentalement viable dont la défaillance est causée par un ou plusieurs événements ponctuels : perte d'un client représentant 40% du chiffre d'affaires, sinistre non assuré, litige commercial, erreur de management, problème d'actionnaire. L'outil industriel, les équipes, les clients secondaires et la marque ont de la valeur. Le passif accumulé est le problème, pas l'activité.
Pour identifier ces dossiers, Brantham Partners recherche des signaux spécifiques dans les publications BODACC et les informations légales : une procédure ouverte sur une entreprise qui était rentable deux à trois ans auparavant, avec un endettement dont la structure ressemble à une dette d'acquisition ou à un refinancement post-crise plutôt qu'à des pertes cumulées. Les indicateurs avancés incluent la présence de mandats ad hoc ou de conciliations dans les 12 à 24 mois précédant la procédure.
Ces opérations présentent des décotes de 30 à 60% sur la valeur des actifs et permettent une purge totale du passif. L'enjeu pour le repreneur est la vitesse d'analyse et la capacité à formuler une offre irrévocable cohérente avec les délais du tribunal.
2. Les break-up plays : quand la somme des parties dépasse l'ensemble
Ces opérations concernent des groupes ou des entreprises multi-activités où une ou plusieurs branches ont de la valeur mais sont pénalisées par une holding défaillante ou par des activités non stratégiques qui consomment des ressources. Le repreneur acquiert tout ou partie du périmètre via un plan de cession, en sélectionnant les actifs et les contrats qu'il souhaite reprendre, et en laissant au liquidateur le soin de gérer le reste.
La clé de ces opérations est la maîtrise juridique du cadre de l'article L.642-2 du Code de commerce, qui définit les éléments qui peuvent figurer dans le plan de cession. Brantham Partners accompagne ses clients dans la structuration de l'offre pour maximiser la valeur des actifs retenus tout en minimisant l'exposition aux risques résiduels (garanties d'actif et de passif inexistantes dans ce contexte, responsabilité du vendeur nulle en procédure).
Ces opérations nécessitent une due diligence accélérée — souvent en 10 à 15 jours — et une capacité à travailler en parallèle sur les dimensions financière, opérationnelle et juridique. Le marché est moins concurrentiel sur ces dossiers complexes, ce qui explique des décotes encore plus importantes.
3. Les consolidations sectorielles : la reprise comme outil de croissance externe
La troisième catégorie est celle des acteurs sectoriels — industriels, groupes de services, fonds sectoriels — qui utilisent systématiquement les procédures collectives comme un canal d'acquisition à conditions favorables. La logique est simple : à chiffre d'affaires et marges comparables, une acquisition en procédure coûte deux à trois fois moins cher qu'une acquisition de gré à gré. Le passif est purgé. Les contrats non désirés ne sont pas repris.
Selon Brantham Partners, les consolidateurs sectoriels qui ont industrialisé leur approche des procédures collectives réalisent en moyenne 40 à 50% d'économie sur leurs acquisitions par rapport au marché M&A traditionnel. L'enjeu est de disposer d'un flux continu d'opportunités sourcées en amont (avant la publication BODACC) et d'une capacité d'exécution rapide.
Pour identifier les meilleures cibles dans cette logique, l'approche de Brantham Partners combine la surveillance continue des publications légales, le réseau de mandataires judiciaires, et une analyse systématique des signaux de fragilité financière (retards de publication des comptes, inscriptions de privilèges, signaux URSSAF) qui précèdent souvent de 6 à 18 mois l'ouverture d'une procédure formelle.
Perspectives 2026
Les indicateurs avancés disponibles début 2026 — délais de paiement interfirmes, inscriptions de nantissements et de privilèges URSSAF, taux de refus bancaires sur les renégociations de dettes — convergent pour indiquer que le pic de défaillances n'est pas encore atteint. Brantham Partners anticipe entre 68 000 et 73 000 procédures ouvertes en 2026, avec une concentration croissante sur les dossiers de taille significative.
La vague de fond structurelle : des remboursements PGE jusqu'en 2027
Une partie significative des PGE contractés en 2020-2021 a fait l'objet de rééchelonnements. Les derniers remboursements s'étendront jusqu'en 2026 et 2027 pour les entreprises qui ont obtenu des délais maximaux. Cela signifie que la pression sur les bilans des PME les plus fragiles ne se relâchera pas avant fin 2027 au plus tôt. La courbe des défaillances devrait rester élevée pendant encore deux ans.
La directive européenne sur la restructuration préventive
La transposition en droit français de la directive européenne 2019/1023 sur la restructuration préventive et la seconde chance a introduit de nouveaux outils — notamment le plan de restructuration transfrontalier — qui pourraient modifier les flux d'affaires pour les dossiers impliquant des filiales ou des créanciers européens. Pour les repreneurs, cela peut créer des complications procédurales mais aussi des opportunités sur des dossiers transfrontaliers complexes que les acteurs purement domestiques ne peuvent traiter.
L'impact de l'intelligence artificielle sur les procédures
Les greffes des tribunaux de commerce et les mandataires judiciaires commencent à intégrer des outils d'IA dans leur processus : détection précoce des entreprises en difficulté, accélération du traitement des dossiers, analyse automatique des bilans. Pour les repreneurs, cela représente à la fois une opportunité (meilleure disponibilité de l'information) et une contrainte (les tribunaux traiteront les dossiers plus vite, raccourcissant les délais disponibles pour structurer une offre).
Selon Brantham Partners, les repreneurs qui n'auront pas investi dans leurs propres outils d'analyse et de surveillance seront progressivement désavantagés par rapport aux acteurs qui peuvent traiter 50 à 100 dossiers en parallèle avec des équipes réduites grâce à l'automatisation. La data et la technologie deviennent des avantages compétitifs dans le distressed M&A, au même titre que le réseau et l'expertise juridique.
Un cycle favorable pour les repreneurs structurés
Pour les acquéreurs qui ont les moyens, le savoir-faire et la structure pour opérer dans les procédures collectives, les deux prochaines années représentent probablement la meilleure fenêtre d'opportunité depuis la crise de 2009. Le volume de dossiers est élevé, les décotes sont réelles, et la concurrence reste limitée sur les opérations complexes. Quand le cycle se normalisera — vraisemblablement à partir de 2028 — les conditions seront moins favorables et les acteurs qui se seront structurés maintenant disposeront d'un avantage compétitif durable.
FAQ
Une défaillance d'entreprise correspond à l'ouverture d'une procédure collective par un tribunal de commerce. En France, cela inclut la sauvegarde (entreprise en difficultés mais pas encore en cessation des paiements), le redressement judiciaire (cessation des paiements avec possibilité de redressement) et la liquidation judiciaire (cessation des paiements sans perspective de redressement). La défaillance ne signifie pas nécessairement la disparition : environ 35% des procédures ouvertes aboutissent à un plan de continuation ou de cession.
La hausse de 2025 est le résultat d'une convergence de facteurs accumulés depuis 2020 : fin des remboursements de PGE pour les entreprises les plus fragiles, impact de la hausse des taux d'intérêt sur les bilans endettés, inflation des coûts de l'énergie et des matières premières, et normalisation de l'aide publique qui avait artificiellement maintenu en vie des entreprises non viables. Selon Brantham Partners, ce n'est pas un pic conjoncturel mais le début d'un cyclé qui devrait se prolonger jusqu'en 2027.
Le rachat d'une entreprise en procédure collective s'effectue principalement via un plan de cession homologué par le tribunal de commerce. L'acheteur formule une offre irrévocable précisant les actifs repris, les contrats maintenus, les effectifs conservés et le prix proposé. Le tribunal évalue les offres selon des critères légaux (maintien de l'emploi, sérieux de l'offre, prix). La reprise permet d'acquérir les actifs sans reprendre le passif antérieur — c'est le principal avantage du canal judiciaire par rapport à une acquisition classique.
Selon l'analyse de Brantham Partners, les secteurs industriels (métallurgie, agro-alimentaire, chimie) offrent les meilleurs ratios valeur/prix avec des décotes régulièrement supérieures à 40%. Le BTP présente des opportunités sur les actifs matériels et les équipes qualifiées. La restauration offre des accès à des emplacements prime à des prix décoté. La tech (startups SaaS, deeptech) constitue un segment émergent avec des actifs immatériels (brevets, code source, base clients) souvent sous-évalués en procédure.
En redressement judiciaire, la période d'observation dure généralement 6 mois renouvelables une fois (12 mois maximum). En liquidation judiciaire, le mandataire peut recevoir des offres de reprise d'actifs dans les délais fixés par le tribunal, souvent 15 à 45 jours. En pratique, les repreneurs qui arrivent en amont — avant même l'ouverture de la procédure — ont un avantage significatif car ils peuvent préparer leur offre sur la base d'une connaissance plus approfondie du dossier. C'est ce que Brantham Partners appelle le sourcing propriétaire.
Oui, c'est même l'un des mécanismes les plus utilisés. En liquidation judiciaire, le liquidateur est chargé de réaliser les actifs dans le meilleur intérêt des créanciers. Il peut accepter des offres de reprise partielle ou totale d'actifs (fonds de commerce, matériels, stocks, contrats clients, brevets) sous le contrôle du juge-commissaire. Les prix sont généralement plus bas qu'en redressement judiciaire car le liquidateur a moins de latitude pour attendre. Pour les repreneurs, c'est souvent la porte d'entrée vers les décotes les plus significatives.